La musique fait mal. Encore plus mal qu'un couteau qu'on enfonce dans ma tête, dans mon c½ur. Je voudrais juste la sortir de ma tête à grands coups de pieds, lui apprendre à ne plus jamais revenir me faire du mal comme elle le fait, mais elle persiste, la maudite musique. La veille, j'en riais. Là, j'en pleurais. Je me retourne sur le divan, le visage enfoncé dans les coussins autant que je le peux. J'aurais beau me crever les tympans, j'entendrais encore la chanson, la même chanson qui me donne envie d'en finir avec tout. J'ai essayé de ne plus l'entendre, d'en rire, de faire comme si elle ne me faisait rien, elle continue de me faire souffrir. Comme d'habitude, elle a amené des amis avec elle. Ses meilleurs amis, les images tristes et sordides qui viennent me rappeler à quel point la vie est triste, à quel point les êtres humains ne devraient pas avoir le droit d'exister. Surtout pas moi. De tous les êtres humains, c'est moi la pire. Sinon, pourquoi est-ce que la musique s'acharnerait sur moi? Pourtant, je sais que ce n'est pas vrai du tout. Je suis une bonne personne, mais ça ne suffit pas pour être heureuse.
Je sens le nuage gris de la solitude m'entourer peu à peu, pour m'emprisonner dans une bulle terne et froide qui me rapproche encore plus du désespoir. Je commence à étouffer, je crois sentir une larme couler sur ma joue. Je me recroqueville, me retourne, me cogne la tête contre le divan comme pour essayer de faire éclater la bulle de désarroi qui me donne envie de vomir. J'ai soif, faim, mal, envie d'aller aux toilettes, mais je ne peux tout simplement pas y aller. La bulle ne veut pas me laisser sortir. À quoi bon sortir si je suis une raté de la vie , que personne ne m'aime et que la vie est triste de toute façon? Je commence à délirer, ça fait presque trois heures que je me sens comme ça. Le temps est pourtant tellement rapide, comme si il voulait me montrer qu'attendre ne m'aidera pas. J'ai besoin d'aide, je commence à craquer.
-Pourquoi es-tu triste?
-Parce que je n'en peux plus.
-Souris, la vie est belle. Ta Scarlite, elle est à côté de toi. Tends-lui ta main.
La seconde d'après, la bulle éclate. Je vois à travers mes yeux larmoyants le visage inquie de une amie si cher (marjorie qui et tou le ten la a mes yeux ser de lor...), qui était juste à côté de moi pendant tout ce temps. J'avais presque oublié qu'elle était là, juste à côté de moi. Elle me demande si je vais bien, je lui raconte tout. Elle m'enlace, ça me fait tellement de bien que j'oublie de l'enlacer moi aussi. Je me colle la tête sur son épaule, elle m'entoure de ses bras. Elle est à peine plus petite que moi et pourtant, j'ai l'impression qu'elle est partout autour de moi, que je ne suis plus seul du tout. Elle est comme une bulle blanche et rose, pleine de couleurs et d'espoir, qui goûte les skittles sûrs. Sûrs comme un zap. Plus de musique, plus d'images, plus rien pour me détruire la vie. La solitude prend des heures pour me détruire, mais elle, elle n'a besoin que d'une minute pour me réparer. Je souris. Il avait raison. C'est comme ma Scarlite, mon guide, mon alliée, ma guérisseuse. Sauf qu'elle, elle existe,vrément . Merci. marjorie